LAISSER VOS COMMENTAIRES SUR EUREUKI
Tout sur
Sur la toile
In the Name of the Lord
jeudi 6 mars 2008
JESUS CAMP Documentaire américain réalisé par Heidi EWING et Rachel GRADY (2006 - 85min.). Nommé aux Oscars 2007 dans la catégorie meilleur documentaire.
SYNOPSIS
Les familles que vous verrez dans le film représentent une force électorale influente qui fait de plus en plus entendre sa voix dans la vie culturelle et politique américaine. Elles préparent non seulement le retour de Jésus, mais elles s’apprêtent également à "reprendre le pouvoir en Amérique au nom du Christ", entraînant avec elles leurs enfants. Des enfants qui attendent de recevoir la parole divine, et s’agitent, en transes, comme possédés, quand l’Esprit-Saint parle en eux ; des mômes qui maudissent Harry Potter - parce qu’un héros sorcier est une chose sacrilège ; des gamins qui vénèrent le leader de leur pays, et embrassent son effigie en carton...
Lire la page allocine.fr
Quelques infos wikipédia sur la religion aux Etats-Unis :
Le thème des religions est central à la compréhension des États-Unis d’Amérique, qui garantissent par la constitution la liberté religieuse. Le pays fait une place importante à la religion et la spiritualité : on peut trouver dans chaque chambre d’hôtel une Bible ; le président américain n’hésite pas à évoquer Dieu dans ses discours. Les différentes Églises sont impliquées dans la vie sociale et politique de la nation.
Depuis la fin du XVIIIe siècle, la religion est officiellement séparée de l’État et ce principe est assuré par la constitution (article VI et premier amendement). Dans la constitution et dans la Déclaration des Droits, il n’est jamais fait référence à Dieu ou à la Providence. La véritable devise des États-Unis est E pluribus unum. L’État fédéral ne subventionne aucune école religieuse au nom de la liberté religieuse. Depuis 1962, la prière à l’école est prohibée par l’arrêt Engel contre Vitale. Enfin, il ne faut pas oublier que le premier amendement garantit la non ingérence de l’État dans les religions et la liberté de culte.
Cependant, les références à Dieu sont omniprésentes dans la vie publique des États-Unis : In God we trust sur la monnaie (En Dieu, nous croyons), le serment des présidents américains sur la Bible lors de l’investiture, etc. Mais la plupart du temps, ces références ne renvoient pas à un Dieu en particulier ; elles sont abstraites et symboliques. La laïcité américaine a pour motivation la tolérance vis-à-vis de toutes les religions. Environ 80% des Américains se disent croyants, et plus de la moitié des Américains sont pratiquants, un taux de participation bien plus élevé qu’en France ou au Québec. Selon le Yearbook of American and Canadian Churches (2002), 24,6 millions de personnes aux États-Unis ne pratiquent aucune religion. Un sondage récent réalisé par Gallup montre que 34 % des Américains fréquentent leur lieu de culte une fois par semaine, contre 13 % qui n’y vont jamais. Chaque Américain change trois fois d’Église en moyenne au cours de son existence. L’appartenance à une Église est une chose courante et signifie appartenir à une communauté, recevoir de l’aide en cas de besoin. Sur les 250 milliards de dollars de dons annuels que font les Américains aux associations à but non lucratif 36 % sont affectés aux différentes Églises.
Bien que les deux tiers des chrétiens américains (52 % de tous les Américains) soient protestants, l’Église catholique domine dans les grandes villes du nord-est (surtout à New York, à Boston et à Philadelphie), du Middle West (Chicago et Milwaukee), de la côte ouest (Los Angeles et San Francisco), dans une métropole d’origine française (La Nouvelle-Orléans) et dans plusieurs villes à majorité hispanique (Miami et San Antonio). D’importantes communautés juives se sont établies à New York, à Los Angeles, et dans l’agglomération de Washington. L’Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours, quant à elle, s’est particulièrement développée dans deux États : l’Utah et l’Idaho. Pourtant, toutes ces exceptions confirment la règle : les confessions protestantes ont une forte présence presque partout aux États-Unis.
Un mouvement protestant « évangélique », appelé Évangélisme, dont quelques groupes à tendance intégriste (fundamentalist) est de plus en plus actif au niveau politique et social. Néanmoins, ce mouvement reste toujours minoritaire au sein des églises protestantes, même dans les régions où il est le mieux organisé : en Alaska et dans les États du Vieux Sud, du Texas jusqu’en Virginie. Il faut noter que le président des États-Unis, George W. Bush, et la sénatrice de l’État de New York, Hillary Rodham Clinton, sont membres de la même Église - l’Église méthodiste unie (United Methodist Church, 8 millions de membres, de tendance modérée).
UN EXCELLENT DOCUMENTAIRE SUR LA MONTEE DES INTEGRISMES RELIGIEUX AU USA. PARTICULIEREMENT SAISISSANT ET UN ECLAIRAGE PASSIONNANT DANS LE CONTEXTE ACTUEL DES PRIMAIRES AMERICAINES. UN SEUL CONSEIL : RUEZ-VOUS CHEZ VOTRE LOUEUR DE DVD LE PLUS PROCHE !!
La situation post-électorale au Kenya
mercredi 5 mars 2008
Conférence organisée par SID (Society for International Development) et INISA (Initiative Südliches Afrika e.V) avec le soutien de la Fondation Konrad Adenauer (KAS). 26 février 2008 à l’Afrika Haus, Berlin.
LE JOUR DE LA CONFERENCE ET PRES D’UN MOIS DE POURPARLERS PLUS TARD, KIBAKI ET ODINGA SIGNAIENT, EN PRESENCE DE KOFFI ANNAN ET DE J.KIKWETE, PRESIDENT TANZANIEN ET DE L’UNION AFRICAINE DEPUIS JANVIER DERNIER, UN ACCORD DE COALITION POUR TENTER DE SORTIR LE PAYS DE LA CRISE. LES NOMBREUSES MODALITES DE MISE EN PLACE ANNONCENT DEJA L’AMPLEUR DE LA TACHE A EFFECTUER. COURAGE, KENYA !
SYNOPSIS :
Après les irrégularités constatées lors des élections du 27 décembre 2007, la situation au Kenya peine à s’apaiser. Les exactions et pillages sont responsables de centaines de milliers de réfugiés et plus de 1000 morts. Les élections précédentes de 1992/93, 1997 et 2002 avaient déjà mis en avant un certain malaise ; pourquoi le conflit actuel prend-il une dimension si dramatique ? Que ce passe t-il réellement dans ce pays, qui était jusqu’à présent reconnu comme un des pays les plus stables d’Afrique orientale ? Quelles sont les origines de la crise et les options et perspectives politiques possibles pour en sortir ? Une perspective allemande et européenne pour évaluer le conflit politique actuel au Kenya et ses conséquences pour la région et pour thématiser les différentes possibilités d’action de la communauté internationale.
LA TABLE :
Ralph-Michael Peters - Expert en politique à la Mission d’observation électorale 2007 de l’Union Européenne (UE) au Kenya. Il a notamment collaboré à l’institut GIGA de Hamburg à un projet de recherche scientifique sur la « démocratisation et la société civile au Kenya ».
Gideon Ochanda Ogolla - Chef de programme de la Fondation Konrad Adenauer au Kenya et Coordinateur national pour l’ICAD (Institute for Civic Affairs and Development) à Nairobi.
LA SALLE :
Pleine à craquer, il nous est difficile de trouver un coin où s’asseoir à notre arrivée tardive (18h04... oui, nous sommes bien en Allemagne). Assistance détendue et studieuse dans une ambiance colorée : des allemands bien sûr mais également beaucoup de kenyans berlinois, et au moins un ghanéen et un mozambicain... + nous. En fond visuel des présentations : le serveur qui passe nonchalamment entre les tables et les chaises, déposer bouteilles de Berliner Pilsner et autres breuvages. Tout en décontraction africaine.
DEROULE DE LA CONFERENCE ET PRINCIPAUX THEMES ABORDES :
R-M Peters commence par rappeler le contexte et présenter les faits, en s’attachant finalement au cœur de tout processus électoral démocratique : les bulletins de vote et leur décompte. Il resitue les enjeux et les contours de cette élection, et revient sur les difficultés auxquelles font généralement face les missions d’observation électorale. Puis il présente assez longuement et précisément le dépouillement, expliquant comment, entre les premières estimations et les résultats définitifs annoncés par l’ECK (Electoral Commission of Kenya), les fraudes, spectaculaires d’invraisemblance, ont été effectuées. Les exemples chiffrés sont particulièrement saisissants. Au-delà du bricolage des urnes, deux faits méritent ici d’être mis en exergue : a. le rappel en dernière minute par le président sortant (Mwai Kibaki) du Président de l’ECK, Samuel M. Kivuitu, qui avait été précédemment écarté ; b. la décision présidentielle de faire remonter l’ensemble des résultats nationaux au niveau de la State House pour communication officielle. Une victoire annoncée...
L’intervention de G Ochanda Ogolla met en avant la désorganisation totale du processus électoral au niveau des circonscriptions, avec en particulier le recrutement dans chaque bureau de vote, d’un personnel non qualifié (ce fut la première élection de la grande majorité), parfois politisé et toujours du crû, ce qui pèse largement dans la balance en défaveur de la neutralité de rigueur. Ce constat d’amateurisme renvoie aux dysfonctionnements de l’appareil politique et étatique, dont l’administration manque cruellement de professionnalisme.
1. l’ethnicité dans la société kenyane : entre culture, héritage colonial et réalité économique.
La population du Kenya est estimée à quelques 35 millions d’habitants. La province la plus importante au point de vue démographique est la vallée du Rift (24,5 %), suivie de la province de l’Est (16,9 %), de Nyanza (15,4 %) et de celle du Centre (13,6 %). Sont reconnues officiellement une quarantaine d’ethnies minoritaires, dont cinq représentent près de 70 % de la population : kikuyu (22 %), luyia (14 %), luo (13 %), kalenjin (12 %) et kamba (11 %) (en savoir plus sur le découpage ethnique).
Aux vues de l’histoire contemporaine kenyane, de la colonisation britannique aux révoltes Mau-Mau jusqu’à l’indépendance en 1963, l’ethnicité ne peut être écartée des grilles de lecture de l’organisation sociale et politique du pays. Pour mémoire, le Kenya a eu deux présidents appartenant à l’ethnie kikuyu (le premier, Jomo Kenyatta et l’actuel, Mwai Kibaki) et un président appartenant au groupe kalenjin (Daniel Arap Moi), et tous trois ont utilisé le facteur ethnique dans leur action politique.
A d’autres niveaux, j’ai pu observer chez les kenyans, dans mes relations professionnelles et personnelles, une grande fierté de leurs origines ethniques, et c’est en général, très spontanément qu’ils s’identifient entre eux ou se présentent en début de conversation, comme kikuyu, kamba, luo, etc. L’ethnicité est une composante culturelle et identitaire très forte, d’autant qu’en l’absence d’une réelle politique linguistique nationale pour imposer une langue officielle unique (anglais ou swahili), les langues ethniques maternelles restent très présentes. Mais ne caricaturons pas l’Afrique sur ce sujet sensible qu’est l’appartenance ethnique : ce n’est bien entendu pas la seule ; la religion, la situation familiale, le métier sont autant de composantes identitaires au moins aussi importantes. Et puis l’appartenance communautaire est loin d’être une notion désuète dans les pays du Nord. En Europe (en France notamment) et aux Etats-Unis, des communautés ethniques sont fortement marquées et actives.
Les ruptures et tensions se révèlent au réactif économique, intimement lié à la question foncière. Au cours des années 60 et 70, de nombreux Kikuyus, encouragés et aidés par le président Kenyatta achetèrent les terres des anciens colons et, quittant la province du Centre surpeuplée, s’installèrent dans la région de la Vallée du Rift. Il se constitua ainsi une élite kenyane, en majorité formée par les Kikuyu, qui continue à prospérer sous la présidence de Kibaki. Etre Kikuyu, c’est représenter un rôle économique de premier plan. On leur attribue de grandes compétences financières et de gestion, avec une vraie mentalité d’entrepreneur et d’investisseur ; ils occupent aussi bien les plus hauts rangs de l’Etat que du monde des affaires. Ambitieux et éduqués, Luo (ethnie à laquelle appartient Raila Odinga, candidat spolié du scrutin présidentiel de décembre 2007) et Kalenjin (ethnie du président Moi) peuvent se présenter comme de grands rivaux politiques et économiques. Les disparités économiques de plus en plus criantes au Kenya, où l’on dénombre environ 40 % de chômeurs pour un PIB/hab de 530 USD, avec un phénomène de bidonvilisation rapide des centres urbains, sont clairement facteurs de tensions, de mécontentement et de jalousie propices aux éclatements de violence. De ces inégalités sociales qui se creusent au malaise démocratique d’une élection truquée, l’instrumentalisation politique de l’ethnicité ne peut que mettre le feu aux poudres.
2. le multipartisme en Afrique : du rêve démocratique à la réalité ? Question à creuser...
Au Kenya : Le multipartisme apparaît en 1991 (président Moi), sous la pression des forces politiques internes et de la communauté des bailleurs de fonds. Les premières élections présidentielles ont lieu en 1992. Aujourd’hui plus d’une centaine de partis enregistrés = dynamisme ou dilution de la vie politique ?
En Tanzanie : Le multipartisme est porté à la Constitution en 1992, et des élections pluralistes sont organisées en octobre 1995. Le Chama Cha Mapinduzi (CCM) est aujourd’hui « l’ex parti unique mais toujours hégémonique », selon les bons mots de J Champagne de Labriolle, ambassadeur de France en Tanzanie : entre tradition communiste et faiblesse de l’opposition.
3. les « Généraux » kenyans entre pouvoir mafieux et oligarchie ?
On en parle, ils en parlent... mais qui sont-ils ? Début de réponse avec Hervé Maupeu, Directeur du Centre de Recherche et d’Etude sur les Pays d’Afrique Orientale (CREPAO) et spécialiste des questions de mobilisation électorale :
« Le terme de "mafia du Mont Kenya" est évoqué dans certains commentaires pour désigner certains soutiens du président sortant. Il fait référence d’abord à la "camarilla" qui entourait Jomo Kenyatta dans les années 1970. Le vieux leader était malade, très affaibli et le pays était gouverné par cette petite équipe constituée de membres de la famille Kenyatta et de quelques autres leaders. On lui attribue de nombreuses exactions et coups bas politiques. L’expression est apparue à nouveau en 2003, quand un petit groupe autour de Kibaki est devenu plus visible et apparemment plus puissant. On y trouve l’épouse du chef de l’État ainsi que sa seconde femme (officieuse mais très impliquée dans la vie politique Kikuyu), un de ses fils, des neveux, des politiciens de sa génération (John Michuki et Njenga Karume en particulier) ainsi que quelques hauts fonctionnaires et jeunes ministre (notamment Martha Karua). La plupart d’entre eux ont été impliqués dans le plus gros scandale de corruption de l’ère Kibaki, le scandale de l’Anglo-Leasing Cie. Ainsi, ces "big men" sont accusés de chercher d’abord à s’enrichir massivement. On les soupçonne également de gouverner le pays à la place du leader vieillissant qui est souvent malade. »
Pour plus d’information sur la crise post-électorale au Kenya, je vous conseille vivement de jeter un coup d’œil au blog de l’association EYES ON KENYA.
A lire aussi :
La tribune des droits humains,
le dossier Kenya de afrik.com,
l’entretien passionnant d’Hervé Maupeu sur le site de l’IFRI.
et sur eureuki, Orange Vs Bananas
The Ennemies of Democracy
dimanche 2 mars 2008
Conférence de John KEANE [1] au Wissenschaftszentrum Berlin (WZB) - 26 février 2008
Au prime abord le titre choisi pour l’intervention de J. KEANE peut laisser perplexe. Ca sonne un peu comme un bon navet de science-fiction politique. C’est dans cet état d’esprit, emprunt à la fois de curiosité et de retenue que j’ai suivi Emilia à cette conférence. Ma toute première excursion dans le Berlin des idées et du débat. Cette réserve d’intellect, finalement assez usuelle chez moi quant il est question de confrontations avec d’assurément brillants mais souvent perchés universitaires, se confortait dans une sorte d’anti-américanisme primaire et tellement en vogue dans le reste du monde, né en réaction à l’usage systématique de la force de frappe dans la démocratisation de la planète et à la lutte contre le Mal façon inquisition : l’usage du terme militaire « ennemis » et la certitude que ce Mister KEANE ne pouvait qu’être un simili évangéliste de la démocratie estampillée « Proudly Made in US ». Mais ne soyons pas plus buissonnant que le buisson, et rendons à Bush ce qui n’appartient malheureusement pas qu’à lui ; aux certitudes et aux convictions, préférons l’écoute, le dialogue et une (relative) ouverture d’esprit. Au diapason de l’assemblée réunie. Cette conférence clôturait au WZB un cycle de 2 ans et demi de réflexion et de recherches sur la démocratie. La trentaine de personnes présentes paraissait, sinon avoir participé activement au programme de recherches, avoir suivi assidûment le cycle de discussion. Aux vues des profils intello, pas uniquement pour la sympathique dégustation finale de bretzels arrosée de petit rouge allemand.
Ce que je retiens de la présentation de KEANE et des questions de la salle :
1) la démocratie, c’est F-O-R-M-I-D-A-B-L-E. Surtout en comparaison avec la panoplie de régimes qui figurent au menu, avec au choix : despotisme, anarchie, autocratisme et j’en passe. Quelques soient les adaptations nationales du modèle démocrate (dimension historico-gréographico-politico-culturelle) et les mutations que les grandes démocraties du monde ont subit depuis 1945, c’est assurément le régime qui garantit le mieux la décision du plus grand nombre et la représentativité de chacun, les droits individuels fondamentaux du citoyen, ainsi que la propre stabilité du régime, dans la mesure où les institutions démocratiques sont en bon état de marche : cadre constitutionnel et lois, instances de représentations (i.e. parlements), instances de surveillance, société civile et responsabilité citoyenne etc.
2) le mot « ennemi » ne fait pas parti de la terminologie du bon démocrate (vous voyez, je vous l’avais bien dit que c’était bizarre... Il semblerait que le titre de la conférence n’ait d’ailleurs été choisi que pour mettre en avant ce point.) En langage démocrate, l’ « ennemi » devient « concurrent », « adversaire », « opposant ». Mais qui sont ces opposants ? Keane cite quatre exemples : le socialisme nationaliste sur le modèle du serbe Cosic, les Salafistes, le dirigisme « CEO » de Berlusconi et le communisme chinois de marchés. Dans le monde des idées, une certaine numenklatura intellectuelle fait également entendre sa voix. Des fascistes classiques aux néo-révolutionnaires, nombre d’auteurs émergent sur la scène médiatique et politique, mettant notamment en avant les difficultés, dysfonctionnements ou impasses auxquelles peuvent être confrontées les démocraties et, de ce constat, prédisant l’autodestruction du modèle.
3) la démocratie n’est pas franchement menacée. En numéraire depuis 45, il n’y a d’ailleurs jamais eu autant de nations démocratiques dans le monde : on en dénombre en 2007 près de 120. La démocratie est vivante, elle grandit et comme dans tout corps vivant, les coups de blues et les soucis de santé arrivent, récemment diagnostiqués par exemple (bien triste exemple) dans un pays que j’ai essayé de vous faire découvrir sur eureuki.com : le Kenya. L’intronisation de dictateurs par voie démocratique n’est certes pas à exclure, même dans les plus grandes nations démocratiques, ce qui renvoie le citoyen à ses propres responsabilités d’électeur et de participation à la vie politique de son pays. Les opposants, à l’intérieur comme à l’extérieur, n’existent que PAR la démocratie. Sans elle, plus d’ancrage, plus de substance des contestations : le drame fondamental de l’opposition. D’autant que la démocratie se cure elle-même. La dénoncer, la détourner ou la pervertir ne dure qu’un temps car l’essence même de la démocratie est l’exécution de la volonté des peuples. Chaque nouvelle élection est une sanction, d’agrément ou de rejet. Enfin, si le modèle démocratique peut encore se heurter aux épineuses questions religieuses (montée des intégrismes et radicalisation des communautés religieuses comme la droite chrétienne aux USA par exemple), il semble que là encore, l’origine et la solution ne soient pas dans le régime lui-même mais dans l’ensemble des composantes d’une nation, organisation humaine complexe et mosaïque de croyances et de convictions.
Plusieurs points intéressants ont été évoqués et mériteraient plus ample réflexion. Voici déjà mes premières réactions :
1) l’intéressante dialectique de l’HYPOCRISIE et de la DECEPTION a été mise sur la table par KEANE et relativement controversée en session de contradiction. L’hypocrisie, entendue au delà des connotations péjoratives et négatives, peut être définie comme une représentation et, par extension, traduire une investiture donnée à une personne pour jouer un rôle. A la manière d’un acteur de théâtre. Le processus démocratique lui-même est donc hypocrite dans le sens ou l’élu(e) politique accepte de jouer le rôle confié par ses électeurs : réfléchir, parler et agir en leurs noms. Le jeu politique consiste alors dans un régime démocratique à jongler habilement entre écoute et action, promesses et réalisations, satisfactions et déceptions. A la clé, le renouvellement ou non du contrat de représentation. Dans un régime totalitaire, l’hypocrisie n’a pas lieu d’être : pas de représentation, pas de jeu politique, ni satisfaction, ni déception, mais une pression et une répression constante exercées de haut en bas, pour asseoir un pouvoir unique.
2) les relations entre économie et régime politique. Si les démocraties visent clairement à réduire les inégalités entre citoyens, élever notamment le pouvoir économique de chacun, la corrélation entre croissance et régime politique apparaît aujourd’hui comme impossible à établir. Par dizaines s’affichent exemples et contre-exemples, pour ne citer que les incroyables performances économiques des régimes autocratiques de Singapour et de la Chine. Quid du véritable pouvoir politique sur les marchés ? Peut-on parler de repositionnement de la politique face aux enjeux économiques ?
3) la question de l’effondrement démocratique. Si la démocratie en tant qu’idée est éternelle (du moins aussi longtemps qu’il y aura des gens pour s’y référer), il semble tout à fait possible d’imaginer, sans faire (trop) de science fiction, que ses applications disparaissent. Je ne sortirai pas l’argument éculé de la météorite qui raya les dinosaures de la carte, mais partirai de plusieurs constats. Tout d’abord, les systèmes de pensées évoluent et avec eux, les sciences politiques. Qu’émergent de nouveaux régimes politique, plus en phase avec les composantes sociales et économiques passées et à venir, pourrait ne pas être complètement aberrant, au regard par exemple d’une recherche plus pointue sur la représentativité et l’équité, intégrant les principes de réajustement et de compensation liés à l’histoire. De plus, de grands thèmes transversaux (touchant à la métaphysique) comme l’écologie et la bioéthique pourraient largement chambouler les systèmes politiques. Enfin, le nombre croissant des démocraties dans le monde ne ralentit nullement les distorsions économiques globales et les tensions géopolitiques internationales. En ce début 2008, la situation toujours extrêmement sensible au Proche-Orient et la grande disparité du continent africain sont encore là pour nous le rappeler.
Lectures choisies :
Le système totalitaire, Hannah Arendt
De la démocratie en Amérique, Tocqueville
La lucidité, José Saramago
The myth of the rational voter, Bryan Caplan
La fin de l’histoire, Francis Fukuyama
on n’lâche rien
vendredi 29 février 2008
STATEMENT - eureuki.com est amené dans les prochains jours à connaitre quelques menus changements de menu. Du Bellay a coulé ses beaux jours ; Ulysse est parti faire le con, est revenu tout penaud pour poser béatement son cul dans le confort tout-cuir d’une existence de salon, pantoufles aux pieds et verre d’ouzo à la main. Point final. Sans rapport avec moi qui n’ai pas de chaussons. Je trace ma route, sans rien n’oublier derrière, ni vous, ni moi. - END OF STATEMENT

Le changement dans la rupture. c’était écrit. et qui plus est, pleinement dans l’air du temps : délocalisation des productions vers l’Est, restructuration en profondeur des process opérationnels pour un recentrage sur le lecteur, lissage bobotoxique des dernières rides du passé, écrémage massif et non-dégressif à 0,03% de TMG de la graisse salariale par non-renouvellement anticipé des départs en pré-retraite (filière BIO, biodégradable et labellisée Max Havelaar). Bref, du NEUF ?, du FORMIDABLE ?, du PERSPECTIVABLE ? : du carnet de voyages à la cosmologie. WOUAHOU. Je vous explique : plus question de partir, de revenir ou de partir pour revenir. C’est un déplacement sans fin qui s’est amorcé, un mouvement perpétuel, instable, image du devenir. « Pour ceux qui entrent dans les mêmes fleuves affluent d’autres et d’autres eaux. »
les gens veulent toujours compartimenter ta vie.
"mais en ce moment tu fais quoi ?
tu voyages ou tu es rentré ?
tu travailles ou tu cherches du travail ?"
je n’y comprends rien aux cases, aux cloisonnements. je me DEPLACE. libre dans le temps et dans l’espace. en octobre 2005 j’ai décidé de m’enquérir du monde. j’aurai pu rester sur place, aux aguets façon gerboise, les oreilles dans le vent de l’information. petit on t’enseigne à voir, à écouter et à décrypter. tout ça sans bouger. on te file des livres, avec un peu de chance avec des images, on te fais t’asseoir là, sur le banc en bois, dans cette classe aux peintures verte et jaune qui s’écaillent, t’ouvres bien grand ton cerveau, fais "AAAAA" et on te déverse le programme. 15 ans plus tard, si le process a bien réussi, t’as ta jolie case à toi, ton compartiment en premières, avec fenêtre of course car t’as le droit (chanceux de démocrate) de regarder librement au dehors ou de fermer les volets déroulants si ce que tu vois t’emmerde. tu peux même te concentrer uniquement sur ce reflet que te renvoie la vitre blindée (double vitrage de haute sécurité classe 8 de 32 mm d’épaisseur avec liaison blindage/vitrage brevetée, haut niveau d’isolation à l’air, à l’eau et au vent). ce reflet c’est toi. sans lui t’existe pas, grâce à lui tu fais parti du dehors. d’ailleurs regarde, t’es dans le décor !
dans l’espace, je me déplace au gré du courant. opportuniste. anaxarquiste.
dans le temps, je vais vite, très vite : déjà plus de trois ans et c’était seulement hier.
Same-same but different*
mardi 12 février 2008

Le plan de route, grosso modo :
30/12/2007 : départ de Paris vers 19h (45 minutes de retard) et 1h30 d’escale à Londres.
31/12/2007 : arrivée à Delhi vers midi, par le vol Virgin Atlantic en provenance de Londres . Pour le réveillon, nous dégustons notre premier thali dans un restaurant indien de type fastfood (à Defense Colony) avec Delphine, l’amie d’Emilia qui travaille depuis 1 mois à Delhi et habite à Hauz Khas (sud-Delhi), et son copain Ravi. Puis, nous faisons un petit tour en autorickshaw des boites du nuit du coin, à la recherche du meilleur rapport qualité-prix. On ne trouvera jamais et c’est près de 50 EUR que nous payons chacun à l’entrée du nightclub d’un grand hotel pour cette soirée open-bar, sans grande agitation mais amusante tout de même.
01/01/2008 : petit tour dans Delhi, tard dans la journée. Nous passons devant le fameux Fort Rouge, et nous arrêtons pour un copieux diner chez Karim’s, au début des bouillonnants marchés d’Old Delhi, tout près de la mosquée Jama Masjid.
02/01/2008 : départ en bus pour notre premier stop dans le Rajasthan, Bikaner aux portes du Désert du Thar. Deux conseils aux voyageurs : 1. si vous achetez un billet pour les bus TOURIST (beaucoup plus confort), au bureau qui se situe à la sortie de la station de métro Kashmere Gate, faites attention, ils sont un peu filous sur les prix ; 2. ne lachez JAMAIS votre billet quand vous vous présentez pour prendre le bus : les notres ont été habilement remplacés par 2 tickets pour un bus privé bien plus vétuste (à moins qu’il n’y ait même pas de bus TOURIST...). Le trajet a été HORRIBLE de froid et d’inconfort. C’est amusant de s’arrêter toutes les heures dans la nuit pour boire un chai entre mecs autour d’un feu d’ordures, mais au bout d’un moment, sur 11h de trajet, c’est un peu long :)
03-05/01/2008 : Bikaner. Nous restons dans une sympathique guest house (Shri Ram Paying Guest House - 400Rps le double lit). Ali nous organise une virée de 4 heures à dos de chameau dans le tout début du désert, ponctuée par un diner (dhal et chapati au feu). 800 Rps/pers. Visite de Karnimata, le temple des rats à Deshnok ; balade dans la ville à la découverte de ses havelis et de ses marchés ; diner chez Ali avec son adorable épouse.
05/01/2008 : départ en train vers 10h du matin pour Jodhpur, la ville bleue (5h de trajet). Nous restons dans une agréable guest house (350Rps le double-lit). Visite audio-guidée du très beau fort de Jodhpur. Délicieux sandwich à l’omelette dans la rue, près de la place de l’Horloge. Diner chez Dinesh et sa famille, adorables hindous rencontrés par hasard au détour d’une ruelle.
07/01/2008 : trajet en bus privé dans la soirée vers Udaipur, la ville blanche, particulièrement romantique. Nous restons à la Panaroma Guesthouse sur l’Hanuman Ghat, très sympa avec un excellent restaurant sur le toit (300Rps la chambre double). Visite du City Palace et du Lake Palace. Balades à pied dans la ville et petite randonnée à cheval dans la campagne avec Princess Trails (600Rps/pers pour 2h).
10/01/2008 : bus gouvernemental dans la matinée jusqu’à Chittorgarh. Visite très intéressante du Fort de cette ville, peu fréquentée par les touristes.
11/01/2008 : train en début d’après-midi pour Bundi. Nous passons une première nuit à la xxxx Haveli et notre seconde nuit à la très originale Elephant Stable Guesthouse (250Rps la chambre double). Balade à pied dans la ville, au Fort et petit tour (et détour) en mobylette pour visiter l’étrange temple de Rameshwaram.
13/01/2008 : départ en bus gouvernemental pour Kota où nous prenons un bus de nuit privé pour Orchha. Au beau milieu du trajet et de la nuit, à Shivpuri, nous sommes invités à changer de bus, pour monter dans un bus gouvernemental plein à craquer afin de poursuivre notre route vers Orchha.
14/01/2008 : arrivée au matin à Orchha. Nous passons notre première nuit à l’hotel Sheesh Mahal (3500Rps la chambre double) puis les deux suivantes à la Shri Mahant Guest House. Balade colorée dans cette petite ville qui accueille un festival dédié à Shiva et après-midi au bord d’une des rivières.
16/01/2008 : départ d’une journée de bus vers Khajuraho et ses temples érotiques, très touristiques. Nous séjournons à l’hôtel Marble Palace (350Rps la chambre double), calme mais sans grand charme. Visite des très beaux temples du principal site (ouest), et balade en vélo vers un site à l’Est. Après-midi détente (massage et cocktail au bord de la piscine) à l’hotel Taj Chandela.
Pizzas et pasta au, cher mais gouteux, Mediterraneo Restaurant.
18/01/2008 : trajet en taxi pour Varanasi. ATTENTION bon plan : beaucoup d’hotels chics de Khajuraho envoient leurs chauffeurs à vide chercher des groupes de touristes étrangers à Varanasi pour les ramener sur Khajuraho. Les chauffeurs en profitent pour se faire un peu d’extra. La route a été faite en 8h, dans le confort d’une Toyota toute neuve, pour 1500Rps, partagés à trois. Ce chauffeur cherchait des "clients" à la gare routière, à l’heure de départ des bus. Arrivée très impressionnante à Varanasi de nuit. Nous restons à la Puja Guest House, sur le Lalita Ghat, tout près du Manikarnika Cremation Ghat. Balades sur les ghats et dans la ville, explications sur l’organisation des crémations. Très bon diner sur le toit du Dolphin Restaurant.
20/01/2008 : train de nuit pour Aggra et son célèbre Taj Mahal.
21/01/2008 : visite du Taj Mahal(hors de prix : 1500Rps/pers) et retour en train sur Delhi dans l’après-midi.
25/01/2008 : vol Virgin Atlantic pour Paris, via Londres.
Tout le récit de notre périple, illustré par de superbes photos sur carpediemilia.
*Tout pareil mais différent





